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Retour sur la comparution immédiate d’un «émeutier du Mirail » – 18/04/2018

Mercredi 18 avril au Tribunal correctionnel de Toulouse avait lieu la première comparution immédiate d’un jeune « émeutier du Mirail »…

Quelques jours auparavant la nouvelle tombait d’un nouveau « suicide » au mitard de Seysses. Un second taulard a été suicidé la même nuit et succomba quelques jours après de cette tentative réussie. Il ne s’agit pas du premier coup d’essai des surveillants de Seysses passés experts dans le camouflage de leurs exactions (couverture administrative ultra résistante). Quiconque ayant des proches à Seysses est bien conscient de la réalité de ces « suicides ».

Des refus de réintégrer leurs cellules ont eu lieu à l’intérieur, des appels ont tourné sur internet à l’extérieur et des émeutes ont éclatés dans certains quartiers de Toulouse. Les keufs ont bien sûr procédés à de nombreuses arrestations. L’ensemble institutionnel Police-Justice fonctionne à plein régime.

A. est le premier à passer dans cet abattoir à la chaîne qu’est la comparution immédiate, les suivants attendront le vendredi et dormiront en prison jusque là. Il est entendu pour : « violence sur PDAP, dégradation, participation à un groupement en vu de procéder à des violences ou des dégradations ».

L’idée n’est pas là de faire un énième compte rendu d’un procès qui serait plus objectif mais bien de décortiquer les techniques policières et judiciaires qui sont utilisés contre nous pour s’en défendre au mieux.

Ce 18 avril, la salle 5 du TGI est comble. Des dizaines de dessinateurs sont là pour esquisser les portraits de différents protagonistes, de nombreux journalistes avec leurs calepins sont sur le qui vive et grattent sur l’affaire. Des caméras attendent à la sortie de la salle d’audience. L’affaire est clairement sous les projecteurs, le contexte est « médiatique ». Après plusieurs nuits d’affrontements, le pouvoir dispose les engrenages nécessaires pour rétablir la passivité.

Le Président demande à A.s’il souhaite prendre du temps pour préparer sa défense, puis alors qu’il accepte d’être jugé immédiatement, le président procède à l’instruction. Pendant l’instruction (le président explique l’affaire et pose des questions au prévenu), on apprend que le jeune majeur de 18 ans a publié une vidéo de lui en train d’insulter les flics, qu’il a nié pendant tout le début de la garde à vue avoir procédé à des violences jusqu’à ce que cette vidéo lui soit présentée lors de la confrontation avec les keufs qui l’ont interpellé. Il a été arrêté avec un mineur qui a, lui, maintenu sa déposition initiale c’est à dire qu’aucun des deux n’avait lancé de pierre.

Un débat a lieu, pendant l’instruction, sur la taille de la pierre et A. affirme qu’il s’agissait plutôt d’un petit caillou. Impact sur le toit et sur le bord de la carrosserie. De l’aveu du président, ce sont de tous petits impacts à peine visibles.

Bien entendu, le président s’attarde sur son profil, sur la question de sa nationalité (espagnole d’origine marocaine), sur la raison de son arrivée de France (la perte d’emploi de son père et Espagne, emploi retrouvé en France). Un assesseur lui reproche son ingratitude civique et morale : « Mais enfin si votre père a su profiter de l’opportunité que la France lui a offerte et est parvenu à s’intégrer, pourquoi combattez vous l’ordre républicain ? » (sic)

Le président précise le cadre, leur décision est une question d’équilibre, elle est fonction de son profil social (il est en CAP et n’a jamais été condamné) mais aussi du contexte. Le contexte est particulier, il est celui de violences urbaines où des policiers sont pris pour cible.

Lorsque la décision sera donné, le président le dit clairement : A. a pris du ferme UNIQUEMENT au vu du contexte sinon il aurait simplement écopé d’un sursis (il sera condamné à 6 mois dont 3 avec sursis).

Cette parole de juge est lourde d’enseignement. Nous avons un intérêt majeur à refuser la comparution immédiate !!! Demander du temps pour préparer sa défense, différer l’audience, l’extirper du rush médiatique qui nous est défavorable.

Ici, la médiatisation a inféré la sévérité de la décision.

Elle a aussi poussé le procureur à faire son sketch républicain à base de « les formidables policiers » « sont là pour sécuriser, pour que les pompiers avancent », « servent leur pays au péril de leur vie à l’instar du colonel de gendarmerie qui a donné sa vie face au terrorisme », « sont toute la nuit sur le terrain, ne récupèrent presque pas » « ont pour mission de protéger la société » et « ils font remarquablement leurs travail, sont bien organisés puisqu’ils sont habitués aux manifestations sur Toulouse ».

Il dépeint une « réalité de certains quartiers de notre beau pays démocratique la France où certains  citoyens veulent vivre tranquillement. Pour cela les différentes institutions de la république et notamment la police républicaine doivent pouvoir aller partout ».

Il s’arrête longuement sur la « haine déversée sur les réseaux sociaux », lit un appel qui a circulé sur internet : « « les porcs » : c’est de la police nationale dont on parle, c’est une honte », avant d’y aller de ses considérations météorologiques : « Alors qu’on est en période estival, quel gâchi !!! »

Il revient à plusieurs reprise sur son rôle, reprend l’inculpé qui a eu le malheur de détourner son regard pour regarder la salle « moi Ministère Public je représente la société et ce que je vous dis c’est important pour vous qui n’avez pas respecté les règles », insiste sur le fait qu’il n’a aucun intérêt si ce n’est de faire respecter la loi… (c’est bien ce qu’on lui reproche)

Il insiste sur les dizaines et des dizaines de voitures brûlées, les panneaux, les lampadaires. « Qui va payer ?? ” nos impôts et nos assurances !! » et le retentissement national de ces émeutes. « Les citoyens attendent une réponse pénale immédiate », « la justice est le dernier rempart ».

Ça ne pourrait être plus limpide, ça pue d’être jugé sous les projecteurs….

La seconde caractéristique de ce procès, c’est l’absence de défense. L’avocate du prévenu s’est contenté de dire qu’il ne fallait pas faire d’amalgame entre son client et le contexte.

C’est vrai mais complètement illusoire de l’invoquer de la sorte. Par ailleurs il n’y a eu aucune défense sur les faits.

Pour se défendre correctement, la première nécessité est de ne « RIEN DÉCLARER » en garde à vue. Quelque soit le contexte. Pour les keufs, l’aveu c’est la preuve ultime. C’est la raison pour laquelle ils ont tout un tas de techniques pour faire craquer comme ici, dire qu’ils savent déjà  tout (en présentant la vidéo alors même que la vidéo n’était pas une preuve de violence) ou en essayant de mettre tout un tas de truc sur le dos pour que soit avoué par l’interpellé au moins une partie des faits.

En l’occurence, l’aveu n’a pas seulement concerné celui qui a avoué, il a constitué une preuve contre le co-prévenu également… Et le procureur a bien insisté dessus : « Puisque le premier a admis, le second qui a nié pour les deux a nécessairement menti… »

Ne rien déclarer donne toute latitude pour sa défense au moment opportun, c’est à dire au moment du procès.

Ce qu’on appelle le refus de compa, c’est à dire le fait de demander du temps pour préparer sa défense laisse également du temps à l’avocat de potasser le dossier. Là, l’avocat n’a eu que très peu de temps pour accéder au dossier. Elle n’est même pas rentrée sur la question de savoir quelle type de projectile a été lancé, si la cible a été atteinte (la tentative de violence n’existe pas en droit !!!!). Bref, le jet étant admis, l’avocate s’est arrêté  là. Pourtant, ça peut faire une foutue différence!

Les dépositions des policiers sont bien souvent contestables .Ici 3 d’entre eux (avec une déposition strictement identique certainement a posteriori comme ils le font toujours) avaient formellement reconnus les individus. Ils l’avaient vu « dans le noir » (habillé exactement comme il comparaissait), jeter des pavés de béton.

Ici le procureur a insisté sur le fait que les keufs avaient admirablement travaillé.

« Et ils avaient raison, on entend trop souvent leur parole remise en cause dans les procès de violence urbaine ».

Il ajoute que dans tous les cas il aurait soutenu leur description mais que l’aveu le corrobore et que « ça fait du bien ».

En d’autres termes, sans aveu, le proc le sait très bien, les identifications dans le feu de l’action sont très contestable (surtout dans le noir). Mais ici, cet aveu n’était pas identique aux descriptions des keufs, il fallait le souligner !

La seule défense qu’il restait alors était l’habituelle défense de connivence que prônent bon nombre d’avocat et que les juges se plaisent à entendre : demander « pardon », dire « je suis très bête », « je le referais plus », « les flics sont formidable »… Non seulement elle ne permet pas de s’en sortir mieux mais  de plus cette défense ne permet absolument pas de poser la question du mouvement en cours, de renverser l’accusation.

Le seul moment où a été abordé la question des raisons de cette révolte fût dans la bouche du procureur et par conséquent pour dire que « les rumeurs » sur l’assassinat au mitard relèvent de la théorie du complot.

S’il y a donc quelques conseils à retenir de cette affaire :

  1. les vidéos et les réseaux sociaux sont incriminants, les éviter pendant les épisodes de révolte !
  2. Ne rien déclarer en garde à vue ! C’est différent que ne rien admettre, nier est déjà une déclaration et peut parfois se révéler être contradictoire avec les éléments du dossier
  3. Demander du temps pour préparer sa défense !
  4. Préparer des garanties de représentation en amont puisque lorsque la compa est refusée, un débat s’amorce sur l’incarcération en attendant le procès ou la libération éventuellement sous contrôle judiciaire.

Solidarité avec tous les interpellés et les prisonniers de Seysses et d’ailleurs

La Caisse d’Autodéfense Juridique (CAJ)

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Que faire en cas d’arrestation ?

Si la police t’arrête que ce soit en manif, en action ou sur quoi que ce soit soit d’autre, il y a quelques règles à connaître pour s’en sortir individuellement et collectivement. Une garde à vue (GAV) peut durer au maximum 24h (pour un mineur) 48h (pour un majeur), elle doit t’être notifiée au maximum après 4h de « vérification d’identité » au commissariat.

Tu as le droit de faire avertir un.e proche, un médecin (l’examen médical permet d’attester de l’état dans lequel tu es arrivé) et de demander à voir un.e avocat.e. Fais attention à ce que tu leur dis, d’une part le médecin travaille régulièrement pour la police et ce que tu lui dis n’est pas privé, d’autre part l’avocat n’a pas toujours tes intérêts à coeur ou ne partage pas tes intentions politiques, il faut pouvoir lui résister s’il veut t’amener à faire des déclarations voire poukaver ou accepter la comparution immédiate par exemple.

Lors des interrogatoires, la meilleure réponse est « JE N’AI RIEN A DECLARER » à chaque question. Ne déclare rien sur toi et sur les autres (arrêté.e.s ou pas) quelles que soient les pressions des inspecteurs qui cherchent avant tout à établir des charges contre toi et peuvent mentir sur les faits ou tes droits. Ne rien déclarer s’applique aussi à l’enquête sociale, c’est l’occasion pour la police et la justice d’établir ton profil social qui leur est utile pour le fichage et les éventuelles suites judiciaires. Ce type d’enquête sert à te catégoriser socialement (« enfant de bonne famille », «  cas social », etc.) et dans la justice de classe, le « cas social » serait plus susceptible d’être dangereux, récidiviste, coupable qu’une personne « bien intégrée » dans la société : les peines varient souvent pour un même motif d’inculpation selon le statut social des prévenus de même que la mise en détention provisoire. C’est pourquoi, pour lutter, il faut pouvoir préparer ces profils sociaux pour égaliser aux maximum les situations et limiter la mise en avant de statuts privilégiés (se cantonner aux garanties de représentation) au détriment d’autres prévenus dans le cadre d’une stratégie collective au tribunal. Tout ce que tu peux déclarer dans l’enceinte du commissariat peut être utilisé contre toi ou d’autres au tribunal.

NE SIGNE PAS LES DOCUMENTS qui te sont présentés, tu en as le droit. Signer, c’est reconnaître que tout s’est passé selon la version de la police. Mais surtout, ne pas signer permet de pouvoir revenir sur ce qui s’est passé pendant ta GAV au moment du procès sans se décrédibiliser.

Ne rien déclarer et ne rien signer permettent de meilleures conditions pour préparer ta défense en cas de procès et de limiter l’accumulation d’informations par la police.

Dans le cadre de ton fichage, la police va vouloir prendre tes empreintes, des photos et ton ADN (signalétique). NE DONNE PAS TA SIGNALETIQUE, en particulier l’ADN qui pourrait permettre de t’identifier dans l’avenir et/ou sur d’autres affaires. Tes empreintes digitales sont conservées pendant une durée légale de 25 ans, ton ADN 25 ans si tu as été suspecté sans être condamné et 40 ans si tu as été déclaré coupable ou que la justice considère que tu as des « troubles mentaux ». De plus, l’ADN étend le fichage aux membres de ta famille.

Il y a régulièrement des poursuites pour ces refus surtout l’ADN. C’est une position politique collective qu’il faut tenir et généraliser d’autant plus que des relaxes continuent à être obtenues.

A propos des photos, attention au procès verbal de mise en situation : si tu avais une tenue qui gênait ton identification en manifestation (capuche, masque de plongée, foulard, etc.), on peut te demander pendant ta GAV de la remettre. Le but est de te photographier avec cette tenue pour t’identifier et fournir des éléments fabriqués de toute pièce pour un procès,

REFUSE CES PHOTOScomme les autres, tu en as aussi le droit. Pour les autres photos, sois attentif dans le commissariat, des personnes ont déjà été photographiées sans qu’on les prévienne, il faut affirmer qu’on refuse si un flic commence à le faire.

Si tu es déféré.e au tribunal, il faut impérativement REFUSER LA COMPARUTION IMMEDIATE, tu en as le droit : il n’y a pas le temps de préparer correctement ta défense et en général les condamnations sont plus lourdes. Qu’importe qu’on te dise que ton dossier soit « vide », tu es en position de faiblesse face à partie adverse car tu n’as pas pu réfléchir en profondeur à ta stratégie.Refuser la comparution immédiate est également une position politique qui vise à ce que les personnes s’approprient des outils de défense juridique et gagnent en autonomie dans leur défense, pour ça il faut du temps.

Si un.e de tes proches passe en comparution immédiate, il faut PREPARER DES GARANTIES DE REPRESENTATION à transmettre à l’avocat.e (papiers d’identité, justificatif de domicile, revenus, promesse de stage ou d’embauche, etc.) et essayer de nous prévenir au plus vite pour avoir des conseils.

Ne te laisse pas intimider par un policier, un juge ou un avocat qui te reprocherait de n’avoir rien déclarer, signer, de refuser la signalétique : l’apprentissage collectif de la défense face à la police et la justice est un bâton dans les rouages des institutions répressives, pense que si ça les gêne, c’est bon signe pour toi et les autres.

https://defensecollective.noblogs.org/a-diffuser/que-faire-en-cas-darrestation/

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Atelier sur le refus de prélèvement ADN

Le samedi 21 février, dans le cadre des dix jours d’autodéfense populaire, un atelier autour du refus de prélèvement ADN et du fichage qui en suit se tient à l’Arrrche du Mirail occupée.

De 16h à 18h, ce sera un des moments pour échanger autour de nos pratiques, nos expériences en matière de refus, de défense juridique au tribunal et de capter les récentes évolutions des lois et jurisprudences en la matière.

Il s’agit de mettre à jour nos connaissances et discuter des moyens qui ont permis des relaxes ou, au contraire, ce qui n’a pas marché au tribunal.

Une personne récemment relaxé sur l’ADN sera là pour présenter une forme de lutte sur ce sujet ainsi que la construction de celle-ci. Aussi, l’idée d’une brochure à jour est dans les tuyaux, ce sera l’occasion d’en parler et de savoir où nous en sommes.

Vous êtes donc tout à fait inviter à participer à cet atelier, partager vos astuces et vos interrogations avec nous !

 

Samedi 21 février 2018, 16h-18h, université du Mirail, Arrrche occupée.

https://proxy.duckduckgo.com/iur/?f=1&image_host=http%3A%2F%2Flesmoutonsenrages.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2011%2F11%2FADN1.jpg&u=https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/uploads/2011/11/ADN1.jpg

Groupons nous et demain… 

Le premier mai dernier nous étions plus d’une dizaine de millier à avoir marché dans ce qui est désormais appelé le « cortège de tête» à Paris. La police a fini par réussir a nasser plusieurs centaines de camarades, en a embarqué deux cents, mis en garde à vue 109, et a présenté devant un juge plusieurs dizaines de personnes. Quatre camarades sont actuellement incarcérés en attente de leur procès. Ces procès démarreront le 30 pour ces 4 personnes ainsi que pour les autres ayant refusé la comparution immédiate mais ressortis «libres» ou sous contrôle judiciaire.

Les principales charges contre eux sont « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens » . C’est tombé sur ces camarades, ça aurait pu tomber sur n’importe qui, car nous y étions tous et toutes. La justice nous isole et nous individualise, ce qui lui facilite grandement la tâche. Face à elle, affirmer notre solidarité, défendre ces camarades, c’est aussi nous défendre, c’est défendre le mouvement, ses pratiques et surtout la possibilité de le voir grandir.

Nous défendre collectivement partout où cela est possible, et non seulement dans quelques éphémères manifestations, est la première étape de la constitution d’un rapport de force. La répression s’intensifie et nos réponses sont à la traîne. S’il s’agit évidemment de l’éviter il
faut aussi savoir la combattre lorsqu’elle est présente (et elle le sera toujours). Trop de pratiques individuelles sont perceptibles à l’heure actuelle.  La défense de profil, (qui implique de mettre en avant un profil social particulier, inséré socialement, «  de bonnes familles » etc … ) n’est, par définition, pas possible pour tout le monde : s’en prévaloir produit donc toujours le risque que cela soit au détriment des autres et c’est accepter les mécanismes sur lesquels reposent l’institution judiciaire. Nous devons penser à nouveau la défense de façon politique. Refuser de collaborer du début à la fin, en ne donnant pas ses papiers dans une nasse, en ne déclarant rien en garde à vue, en refusant de donner son ADN et sa signalétique en refusant la comparution immédiate, en ne répondant pas à l’enquête sociale. C’est se protéger bien sur, mais c’est aussi protéger les autres…

Plus ces pratiques seront communes, courantes, largement diffusée, plus elles seront efficaces, moins elles feront l’objet d’une répression particulière. Elles constituent le minimum permettant d’envisager une véritable défense si des poursuites ont lieu, loin des réflexes immédiats néfastes que sont l’innocentisme et la dissociation.

De la nasse au tribunal, ils cherchent à séparer, mettre dans des cases, construire des profils. C’est cette routine sur laquelle repose l’institution répressive à laquelle nous devons nous opposer pratiquement.

Dès aujourd’hui, affirmons haut et fort que nous étions tous et toutes là. Groupons-nous. Défendons-nous. Affichons partout notre solidarité, manifestons notre refus de laisser ces camarades seuls et notamment les jours des procès.

Liberté pour elles et eux, et pour tout le monde!

Projection « Faites sortir l’accusé » à l’American Cosmographe le jeudi 22 février 2018 à 20h30

Jeudi 22 février à 20H30 – American cosmograph (24 Rue Montardy / Toulouse)
En partenariat avec le journal L’Envolée, pour en finir avec tous les enfermements, projection unique suivie d’une rencontre avec le réalisateur PeG ainsi que Monique Erbé, compagne de Philippe Lalouel et Corinne Lakhdari de l’association Act Up Toulouse, toutes deux protagonistes du film.

Pris dans l’engrenage implacable du mécanisme judiciaire, Philippe Lalouel est en prison depuis trente ans. Contaminé par le VIH lors d’une transfusion sanguine, il se bat pour ne pas mourir entre les murs. Autour d’un énième procès aux assises, sa compagne Monique et un groupe d’amis luttent à ses côtés pour le faire sortir.

Faites sortir l’accusé est plus qu’un documentaire qui montre l’inutilité de la prison et l’inefficacité de la réinsertion. C’est un film impératif pour se mobiliser sur la question carcérale et contre les méandres des longues peines. C’est aussi et surtout une ode à l’amitié et un magnifique film d’amour.

Cantine et permanence de la CAJ vendredi 23 février 2018 à 19h30

Vendredi 23 février 2018, la CAJ vous invite à sa deuxième permanence de l’année autour d’un repas au local Camarades !

Si vous avez des questions autour d’un cas particulier ou autour de l’autodéfense juridique, des expériences à partager sur la garde à vue, des procès ou une détention : c’est l’endroit pour s’organiser ensemble ou se filer des pistes pratiques de défense et des moyens collectifs pour s’organiser face à la justice et la police.

Prochaine permanence-repas le lundi 26 mars à la Chapelle

Concert de soutien à la CAJ le 3 février 2018

Anniversaire des 25 ans du label Stonehenge Records (Amanda Woodward, Ekkaia, Undone…) avec les groupes suivants :

 

 

 

MODERN LOVE (post punk, Norvège)
https://modernloveshack.bandcamp.com/

CHAVIRE (emo-punk, FR)
https://chavire.bandcamp.com/

WOODWORK (hardcore, FR)
https://woodworkhc.bandcamp.com/

NA TUŁACZE (emo-punk, FR)
http://www.stonehengerecords.com/natulacze/

Samedi 3 février 2018
Pavillons Sauvages
25 avenue Jean-Dagneaux
31 Toulouse
à partir de 20h00
PAF : libre

Concert de soutien à la Caisse d’Autodéfense Juridique.

La police polie, la justice juste et le droit droit n’existent pas

Pour que la défense face à la répression ne devienne pas une question de spécialiste et séparée de la lutte, mais qu’elle soit ré-appropriable et réappropriée collectivement.

Pour prendre le temps d’en discuter au-delà de ces aspects pratiques et juridiques, comme une possibilité politique de lutte et de solidarité,

La Caisse d’Auto-défense Juridique (CAJ) vous invite à venir discuter le mercredi 11 Octobre 2017 à La pizzeria Belfort à 19 h

La répression des luttes atteint des niveaux que nous n’avions pas vu depuis longtemps.
Plus globalement, la gestion des pauvres est de plus en plus nécessaire au système et son business toujours plus florissant : politiques anti-squat et expulsions locatives, fermeture-gestion des frontières et agence Frontex, explosion de la vidéo-surveillance, militarisation de la police…
Des manifs contre la loi Travail aux luttes des habitants de Beaumont-sur-Oise, c’est toujours plus de blessé.es, de mutilé.es et de tué.es par la police. La justice continue, en parallèle, son opération de garantie de l’ordre public en condamnant et incarcérant toujours les mêmes, dans des proportions énormes.

Ainsi, le couple police/justice s’assume comme ce qu’il a toujours été : un appareil politique composé d’instruments répressifs au service des classes dominantes.
Rappelons que tous les « grands » candidats de la dernière élection présidentielle proposaient unanimement de construire plus de taules et, sinon, d’étendre la Prison au-delà de ses murs en faisant de nous-mêmes nos propres flics (bracelet électronique, contrôle judiciaire, assignation à résidence etc.).
Pour autant, cette volonté d’étouffement fait face, ici et là, à de nombreux refus et de nombreuses luttes.
La répression n’est pas uniquement subie, elle est aussi combattue, aujourd’hui comme hier, selon des stratégies, des modalités et des moyens divers et mouvants.

Il y a bientôt dix ans, la Caisse d’Auto-défense Juridique (CAJ) se montait à Toulouse face au constat selon lequel la répression n’est que la réponse « normale » d’un État garant de l’ordre social que nous combattons. De ce fait, il importe de s’organiser contre cette répression et faire de la défense une composante des luttes.
L’outil CAJ se structure dans la volonté de pérenniser des outils de solidarité au-delà du seul soutien aux affaires particulières. Il s’agit de s’organiser dans la durée face aux temps répressifs, de ne pas tout recommencer à chaque fois.
Dès lors, ce type d’outil correspond politiquement à une prise de position : d’abord, encore et toujours, la répression est quelque chose de « normal » dans une société basée sur des intérêts contradictoires entre celles et ceux qui gagnent au maintien de cette divergence et les autres qui pâtissent structurellement de la situation.
Ensuite, la capacité concrète à nous réprimer tient à des rapports de force au sein de la société. S’organiser pour lutter est aussi, nécessairement, s’organiser pour anticiper cette répression : ce ne sont pas deux moments distincts et il nous semble important de la penser dans chaque phase de la lutte.
Ainsi, sortir entouré.es de street-médics, monter une legalteam, récolter des thunes pour des caisses de grève/lutte, penser une défense au tribunal collectivement sont autant de moyens d’organiser notre autodéfense sur des bases éminemment politiques.

Néanmoins et malgré une certaine « centralisation » qui s’opère nécessairement (d’informations, de thunes…) l’idée n’a jamais été que la CAJ devienne l’organe de gestion intégrale des questions d’anti-répression sur Toulouse et alentours. Nous n’entendons pas pallier les divers comités de soutien qui se monteraient sur tel ou tel cas de répression.
Un outil « en plus de » et non « à la place de ». La CAJ entend stocker sur la durée et mettre à disposition des expériences face à la justice et face aux flics, des contacts d’avocats et de structures, de l’argent, des réflexions sur le système carcéral, afin de permettre à chacun.e de s’en emparer, de ne pas (re)commencer de zéro, de pouvoir répondre immédiatement à des attaques violentes, comme par exemple une incarcération.

Si nous rappelons ces quelques aspects aujourd’hui c’est parce qu’il nous semble qu’une certaine spécialisation s’est opérée malgré nous, bien que nous en soyons fautifs.ves. La CAJ s’est consacrée au soutien de nombreuses personnes sujettes à la répression (en témoigne le nombre de personnes soutenues après les émeutes suite à l’assassinat de R. Fraisse ou suite aux manifs de la loi Travail) mais cantonnée souvent à des prestations de services (néanmoins nécessaires).
À côté de cette assurance matérielle, il nous semble que les mobilisations de soutien aux inculpé.es de telle manif, telle action ou tel délit ont peu vu le jour ces derniers temps. À chaque cas, la CAJ est contactée et le soutien s’opère (avec plus ou moins d’efficacité) mais la défense plus globale, la continuation de la lutte de départ ou l’élargissement à une critique, en acte, de la justice et du maintien de l’ordre est souvent peu de mise.

Rien de dramatique dans cet état de fait, il nous semblait nécessaire de reposer ces questionnements de manière plus globale, comme une invitation à se ressaisir des questions de défense et d’anti-répression dans les diverses luttes qui verraient le jour dans cette ville.
Prenons acte que la répression n’est pas un temps séparé du reste de nos combats politiques, sur lequel nous n’aurions aucune prise.
Anticipons ces questions lorsque nous appelons à des manifestations ou autres actions.

Enfin, si cela vous intéresse de venir discuter de tout cela ou d’autre chose, si aider ou rejoindre la CAJ vous parle, on propose de se retrouver le mercredi 11 Octobre, à 19h à la pizzeria Belfort (2 Rue Bertrand de Born)

Des frites pour les prisonnier.e.s le 25 janvier 2017

Le CAJ s’organise pour soutenir des gens en prison.
Une façon concrète de faire ça, c’est d’envoyer de l’argent aux prisonnier.e.s, pour qu’ils et elles puissent « cantiner » (c’est à dire avoir accès à la radio, la télé, des fruits…)

C’est pour ça que le CAJ vous propose de venir manger des frites à prix libre, en soutien. Ce sera l’occasion de discuter de répression, et surtout de comment s’organiser collectivement pour y faire face.

Le mardi 25 janvier 2017 à partir de 19h à l’observatoire, 87 rue du 10 avril.